Le comité national de suivi de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte vient de publier un rapport présentant 40 mesures pour l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique et à la gestion intégrée du trait de côte.
Ce comité national a été installé le 22 janvier 2015 par le Ministre de l’écologie et le secrétaire d’Etat en charge de la mer et est présidé par deux députées. Sa création est justifiée par l’évolution du trait de côte qui s’inscrit dans le contexte du changement climatique et de l’élévation du niveau marin. Il représente un véritable enjeu d’intérêt général « compte tenu de l’importance du littoral du point de vue démographique, économique, social, environnemental et culturel » .
Ce rapport fait suite à la feuille de route du 22 janvier 2015. Elle avait élaboré 4 actions prioritaires pour 2015:
– » l’élaboration de la première cartographie nationale de l’évolution du trait de côte,
– la mise en place d’un réseau national des observatoires du trait de côte,
– la réalisation d’un atlas national de référence pour la connaissance de la dynamique des côtes françaises,
– l’élaboration de préconisations nationales reprenant les enseignements de l’appel à projet expérimental (cinq démarches en cours) pour initier la relocalisation des activités et des biens et la recomposition spatiale des territoires menacés par les risques littoraux. »
Ce nouveau rapport devrait permettre la mise en œuvre concrète de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.
Les orientations générales du comité national se découpent en deux thèmes principaux eux même découpés en plusieurs priorités:
– LA CONNAISSANCE:
. « les mesures liées à la mise en place d’un réseau national des observatoires du trait de côte,
. les mesures liées à la cartographie nationale de l’érosion littorale,
. les mesures liées à l’actualisation de l’ouvrage national faisant la synthèse des connaissances des dynamiques des côtes,
. les mesures destinées à approfondir certains sujets afin de mieux connaître pour mieux agir. »
– LA STRATEGIE TERRITORIALES:
. « les mesures reliées à l’objectif de planification, en intégrant la gestion du trait de côte,
. les mesures liées à l’élaboration des outils nécessaires pour la mise en œuvre d’opérations de gestion du trait de côte, . les mesures destinées à améliorer la mobilisation des financements publics,
. les mesures liées à la communication et à la sensibilisation du sujet et des démarches,
. et enfin les mesures facilitant les démarches globales et les expérimentations territoriales.  »

Au sein même de ces propositions 9 actions prioritaires sont établies afin « d’amorcer et d’accélérer véritablement la prise de conscience et l’élaboration de stratégies adaptées sur les territoires dés 2015 » .
Pour ne citer que quelqu’une de ces mesures, il s’agirait:
– d’intégrer au schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) une stratégie intégrée de gestion du trait de côte,
– d’intégrer et spatialiser le risque dans les documents d’urbanisme, intégrer un volet trait de côte aux stratégies locales du risque inondation,
– d’Expertiser les outils juridiques pour la gestion du trait de côte, en prenant en compte également les stratégies de relocalisation et autres démarches de recomposition territoriale,
– de Mettre en place au niveau régional une structure pour le financement des mesures en faveur de la gestion intégrée du trait de côte.
Des communes sont déjà confrontées au problème de l’avancée du trait de côte sur leur territoire. Dès lors, comme le souligne le comité national de suivi du trait de côte, il est désormais important d’avoir des avancées concrètes pour apporter des réponses opérationnelles à ces territoires. Pour ce faire, il conviendrait d’avoir « un pilotage de l’Etat clair et les moyens financiers permettant d’accompagner la mise en œuvre des mesures et des projets » . Il conviendrait également d’avoir des instances adéquates au niveau local, ce qui fait aujourd’hui défaut.