Monsanto responsable d’écocide?

 

Du 14 au 16 octobre 2016 s’est déroulé à la Haye devant un tribunal citoyen le jugement de Monsanto. Les chefs d’accusation sont notamment: violation des droits de l’Homme et  crime « d’écocide », en représentant une « importante menace » pour l’environnement[1].
Ce tribunal informel a reçu une trentaine de témoins et était composé de cinq juges professionnels internationaux. Le « verdict » sera rendu le 10 décembre.
Ces initiatives citoyennes ont pour but d’ouvrir les yeux au grand public sur les risques que certaines firmes font courir à l’environnement et à la santé. C’est également l’occasion de revenir sur une notion clef pour l’avenir environnemental: l’écocide.

 

L’écocide a une terminologie forte, « il renvoie à l’homicide et au génocide »[2]. C’est le crime le plus grave en matière d’atteinte volontaire au droit de l’environnement.
Pour autant, l’écocide malgré sa gravité n’est pas sanctionné par un texte international. Si certains pays comme notamment le Vietnam et la Russie l’ont intégré dans leur code pénal national, aucune personne ou firme n’a été sanctionné à ce titre[3].
L’écocide qui peut conduire à la destruction de terres par la pollution, trafics internationaux de déchets toxiques, exploitation illicite et massive de ressources naturelles [4]… mériterait pleinement sa place au sein de notre ordre juridique.

S’il ne faut pas tout régler par le droit, il semble en revanche que la mise en place de mesures contraignantes en matière environnementale soit le seul et l’unique moyen de parvenir à préserver notre terre. Un cadre juridique international à la reconnaissance de la destruction de la terre comme un crime, s’impose comme une nécessité à la sauvegarde de notre planète.

A force de petitesse rien ne se passe, seul le temps passe.

 

 

[1] Sciences et avenir, « Monsanto accusé d’écocide par un tribunal international informel », 14/10/2016, [en ligne] http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/monsanto-accuse-d-ecocide-par-un-tribunal-international-informel_107483

[2]  Propos de Laurent Neyret, professeur de droit privé à l’Université d’Artois dans article de Graziella Dode, « L’écocide: la difficile reconnaissance des crimes environnementaux », actu.environnement.com [en ligne] 2 avril 2013

[3] Santacroce (L.), Crimes contre l’environnement: la difficile reconnaissance de l’écocide, [en ligne] http://www.geo.fr/environnement/les-mots-verts/crimes-contre-l-environnement-la-difficile-reconnaissance-de-l-ecocide-159360  8 janvier 2016

[4] Idem